L’Église, où Dieu révèle sa sagesse infiniment variée (Pierre Constant)

Le visage de nos Églises change au fil des ans. De congrégations homogènes au plan racial et souvent au plan social, le corps de Christ se métamorphose au gré de la diversité de ceux et celles que Jésus-Christ, chef de l’Église, ajoute à son corps. « Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés, » lit-on en Actes 2.47.

Pas plus que nous ne choisissons les membres de notre famille ou de notre parenté, nous ne choisissons pas non plus ceux et celles que le Seigneur amène à croire en Jésus-Christ, Dieu les ayant déjà destinés à la vie éternelle (Ac 13.48), sans nous consulter, sans nous le demander.

Bien sûr, nous ne choisissons pas ceux qui, dans la volonté élective de notre Seigneur et Maître, sont amenés à la repentance et à la foi en Jésus-Christ. Cependant, il nous arrive parfois — et même souvent — de nous sentir plus à l’aise avec telle ou telle personne dans l’Église locale. Cela est tout à fait normal, parce que pour la grande majorité d’entre nous, les gens de même milieu social, de même arrière-plan socio-économique et de même arrière-plan culturel, nous sont plus familiers, et que par conséquent, les liens sont souvent plus faciles à tisser.

En tant qu’enfants de Dieu, membres de la famille de Dieu, nous sommes maintenant réconciliés avec Dieu le Père par son Fils. Nous connaissons Dieu comme Père céleste, jouissant d’une relation privilégiée et d’un accès en sa présence qui dépasse de loin notre compréhension et notre appréciation. Assurément, cette relation avec Dieu comme Père nous conduit aussi à une relation avec sa famille, nos frères et sœurs en Jésus-Christ, avec qui nous partagerons l’éternité en présence de Dieu, une relation basée sur l’œuvre de Christ à la croix et s’exprimant par l’œuvre continuelle de Christ en nos cœurs par son Saint-Esprit, dans l’attente d’une réunion céleste grandiose.

L’Église de Jésus-Christ à ses origines

Ce que les Actes des apôtres appellent « La voie » fut un mouvement, tout compte fait, exclusivement juif à ses débuts. Choisis par Jésus lui-même, tous les apôtres étaient juifs, et les disciples étaient, en très grande majorité, eux aussi d’origine juive.

Les Évangiles nous présentent certes, à quelques reprises, un ministère de Jésus s’étendant au-delà des barrières ethniques. Quelques personnages d’origine non-juive mentionnés ici et là dans les Évangiles ont en effet joui de la grâce de Dieu manifestée par le Messie des Juifs. On pense notamment à cette femme grecque, d’origine syrophénicienne (selon Marc 7.26), demandant à Jésus de guérir sa fille cruellement tourmentée par un démon, celle-ci l’ayant au préalable appelé à son secours en employant le titre « Fils de David » (Matt 15.22), une appellation surprenante de la part d’une non-juive. On se rappelle également le centenier (au service de l’armée romaine) intercédant auprès de Jésus en faveur de son serviteur paralysé et violemment tourmenté. Jésus loue sa foi, une foi telle qu’il n’en avait pas trouvée même en Israël, image de ceux et celles provenant de l’Orient et de l’Occident qui viendront se mettre à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume de Dieu (Matt 8.5-11), dans la foulée des mages venus d’Orient et dont la perspicacité spirituelle dépassait de loin la cécité morale et spirituelle du roi Hérode (Matt 2.1-15).

Dans son explication de la parabole des vignerons, Jésus avait aussi annoncé que le Royaume de Dieu serait enlevé aux fils du Royaume – aux Juifs – et accordé à d’autres qui donneront au maître de la vigne les fruits en leur saison (Matt 21.41).

Tout cela s’inscrivait dans la foulée de ce que Jésus lui-même avait laissé entendre lors de sa lecture du prophète Ésaïe dans la synagogue à Nazareth, à savoir que son ministère viserait en particulier les pauvres, les malades, les marginaux et les laissés-pour-compte, notamment les non-Juifs, à l’image du ministère d’Élie auprès de la veuve à Sarepta et de celui d’Élisée à l’égard de Naaman le Syrien (Luc 4.14-27).

Cependant, en réalité, la grande majorité des disciples du Seigneur avait été recrutée parmi les Juifs, envoyés — pour un temps — exclusivement auprès des brebis perdues de la maison d’Israël (Matt 10.6). Si quelques Grecs avaient désiré voir Jésus peu avant la Pâque à Jérusalem (Jean 12.23-24), Jésus avait annoncé aux apôtres venus lui rapporter cette nouvelle que le temps n’était pas encore venu pour ce faire; le grain de blé devait tomber en terre et mourir afin de porter beaucoup de fruits, une allusion à sa mort éminente. Les Grecs devaient ainsi attendre « pour cette heure que je [Jésus]suis venu »(Jean 12.27 version Français Courant).

Le ministère terrestre de Jésus, qui a rarement débordé au-delà des frontières géographiques du pays d’Israël, s’adressait donc tout spécialement aux Juifs. « Le salut vient des Juifs, » avait-il annoncé à la femme samaritaine (Jean 4.22), avant de préciser toutefois que l’heure vient où les vrais adorateurs ne se limiteront pas à ceux allant à Jérusalem, mais à ceux et celles qui adoreront le Père en esprit et en vérité (vv. 23-24).

Une période de transition

Les racines du nouveau peuple de Dieu furent donc fortement plongées dans le sol judaïque. Les premières années du ministère des apôtres virent l’Église grandir, par la grâce de Dieu, autour de Jérusalem et de ses environs. Bien qu’une multitude de gens provenaient de nombreux pays, ces gens avaient en commun leur foi judaïque. L’Église d’Actes 2 fut donc elle aussi à teneur fortement juive. Il faudra attendre la suite du récit pour voir l’Évangile se répandre au-delà des frontières du judaïsme.

L’expansion de la foi chrétienne en milieu non-juif se fit graduellement, et la mixité entre chrétiens d’origines diverses ne fut pas sans causer quelques tensions au sein des nouvelles communautés. À preuve, la discussion rapportée en Actes 15 démontre à quel point la question du statut à accorder aux non-Juifs, au sein de ce qui avait été essentiellement un mouvement parmi les Juifs, était loin de faire l’unanimité. Le phénomène de la diversité n’était pas nouveau au sein de l’Église, ni les problèmes reliés à ce phénomène, comme en fait foi l’épisode relaté en Actes 6 où des veuves d’origine hellénique ne recevaient pas leur juste part dans la distribution de la nourriture. Bref, la diversité d’origine entre membres du peuple de Dieu n'allait pas de soi et ne fut pas sans causer des divergences d'opinions profondes parmi les premiers chrétiens.

Le nouveau peuple de Dieu issu d’une diversité ethnique : un phénomène annoncé d’avance dans les Écritures

À la lecture des épîtres de Paul, on prend conscience que cette mixité de différentes nations dans le peuple de Dieu figurait dans le plan divin à son origine. Par exemple, en Romain 15.9-12, Paul cite texte après texte tiré des Écritures pour attester que les païens glorifient Dieu pour sa miséricorde envers eux : « C’est pourquoi je te célébrerai parmi les nations, ô Éternel! Et je psalmodierai (en l’honneur) de ton nom. » (Ps 18.50), « Nations, acclamez son peuple » (Deut 32.43), « Louez l’Éternel, vous toutes les nations, Glorifiez-le vous tous les peuples! » (Ps 117.1), ou encore, « Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï […] Qui se dressera comme une bannière pour les peuples, sera recherchée par les nations. » (Ésa 11.1, 10). Ces annonces et ces appels vétérotestamentaires sont mis à contribution pour justifier que la miséricorde divine n’avait jamais été restreinte aux seuls Juifs, Dieu ayant un plan de salut beaucoup plus vaste et s’étendant aux nations dans toute leur diversité.

Si, dans les temps passés, Israël fut appelé à se séparer des nations, c'était surtout pour se séparer de l’immoralité de ces peuples (cf. 2 Cor 6.17, citant Ésa 52.11). Mais lorsqu’il s’agissait de répandre le message de la réconciliation avec Dieu, tous les peuples (Juda et Israël inclus), étaient invités à se repentir et à se tourner vers le seul capable d’effacer les fautes de chacun.

Un texte bien connu est à relire à la lumière de la nécessité de tous les peuples (Juda et Israël inclus), de se repentir et de se tourner vers Dieu. En effet, lorsque Paul déclare que « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu »(Rom 3.23), il ne signifie pas uniquement que tous les individus sans exception sont séparés de Dieu; Paul précise tout juste avant : « Car il n’y a pas de distinction, » à savoir pas de distinction entre les êtres humains, mais surtout, selon le contexte immédiat, il n’y a pas de distinction entre Juifs et non-Juifs. Au v. 9, il avait déjà écrit : « tous, Juifs, et Grecs, sont sous (l’empire) du péché »; au jour du jugement, « afin que toute bouche soit fermée, et tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. » (v. 19).

Ce salut, offert à tous sans distinction de race ou d’arrière-plan religieux, est donc un salut pour les Juifs et les païens. En Jésus-Christ, Juifs et païens ont maintenant accès à la grâce de Dieu. Un tel message, ajoute Paul, non seulement n’annule pas la loi, mais la confirme (Rom 3.31), ce que l’apôtre s’empresse de faire en Romains 4, à l’aide d’exemples tels qu’Abraham (justifié avant sa circoncision) et David (justifié non par la loi, mais en ce que le Seigneur ne lui a pas imputé son péché).

Diversité ethnique et unité spirituelle en Jésus-Christ

Nulle part ailleurs dans ses épîtres Paul n’est aussi détaillé quant à la diversité ethnique et l’unité spirituelle que dans sa lettre aux Éphésiens. S’il est difficile d’affirmer hors de tout doute, au chapitre un et au début du chapitre deux de cette épître, que Paul emploie le « nous » et le « vous » pour renvoyer respectivement aux chrétiens d’origine juive et païenne, la question ne se pose plus à partir d’Éph 2.11 et dans les versets qui suivent. En effet, Paul déclare : « Souvenez-vous donc de ceci : autrefois, vous, païens dans la chair, traités d’incirconcis par ceux qui se disent circoncis et qui le sont dans la chair et par la main des hommes, vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. » (Éph 2.11-12). Jadis éloignés, Paul poursuit-il, « vous êtes devenus proches par le sang de Christ » (v. 13). Séparés au plan géographique, ethnique et spirituel, ces païens ont maintenant été « rapprochés » grâce à la mort de Christ. La métaphore spatiale appliquée à la nouvelle situation spirituelle de ces membres de la famille de Dieu souligne le changement de localisation spirituelle expérimenté par ces frères et sœurs en Jésus-Christ issus d’un arrière-plan non-juif. À nouveau statut devant Dieu, nouvelle proximité spirituelle.

L’union entre Juifs et Gentils dans le nouveau peuple de Dieu se situe en ligne directe du plan éternel et souverain de Dieu, à savoir « réunir sous un seul chef [ou : ‘sous une seule tête’], le Christ, tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. » (Éph 1.10). Christ est le chef du nouveau peuple de Dieu, la tête du nouveau corps, l’Église (cf. Éph 1.22-23). En lui, Juifs et païens réconciliés avec Dieu ont un nouveau chef, la tête de ce nouveau corps : Jésus-Christ.

Les effets de la mort de Christ pour le corps de Christ

La mort de Jésus-Christ à la croix nous conduit non seulement à être individuellement réconciliés avec le Père, à être adoptés dans la famille de Dieu, à être rachetés, à recevoir le pardon de nos péchés, à connaître le dessein bienveillant de Dieu et à être scellés du Saint-Esprit (toutes des facettes du salut mentionnées en Éph 1.3-14),La mort de Jésus-Christ nous procure aussi la réconciliation entre Juifs et païens dans le nouveau peuple de Dieu (Éph 2.11-22). Grâce à Jésus-Christ, tête et chef du corps, nous faisons maintenant partie d’un nouveau corps, où Juifs et non-Juifs jouissent tous deux du même accès dans la présence de Dieu par le même Esprit, ayant été rachetés au même prix, celui de la mort du Fils de Dieu, et de la même manière, par la foi en sa mort sacrificatoire, expiatoire et propitiatoire.

La mort de Christ est ce qui produit cette nouvelle unité entre Juifs et païens : « Car c’est lui notre paix, lui qui des deux [c’est-à-dire des deux peuples, Juifs et non-Juifs] n’en a fait qu’un, en détruisant le mur de séparation, l’inimitié. » (Éph 2.14). Dans sa chair, c’est-à-dire par sa mort sur la croix, « Il a dans sa chair annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions » (v. 15a). Ce qui séparait circoncis et incirconcis est maintenant passé; la mort de Christ a pour but de « créer en sa personne, avec les deux [Juifs et non-Juifs], un seul homme nouveau » (v. 15b) et de « les réconcilier avec Dieu tous deux [encore une fois Juifs et non-Juifs] en un seul corps par sa croix » (v. 16). Bien plus qu’une conséquence heureuse du salut, l’unité entre Juifs et non-Juifs au sein du corps de Christ constituait un des buts spécifiques de la mort de Jésus-Christ à la croix.

La sagesse de Dieu dans sa grande diversité

Selon le dessein éternel de Dieu, Juifs et non-juifs, sauvés par la grâce de Dieu, sont maintenant unis en Jésus-Christ de sorte que les êtres invisibles peuvent connaître la sagesse de Dieu dans sa grande diversité (Éph3.9-11).

En lien avec le thème central du présent ouvrage, notons que c’est l’Église de Jésus-Christ, corps relié à sa tête et à son chef, qui devient le moyen par lequel Dieu révèle aux principautés et aux pouvoirs dans les lieux célestes sa sagesse infiniment variée.

Pour décrire la nouvelle réalité de l’union fondamentale entre Juifs et non-Juifs formant un nouveau corps, l’Église de Jésus-Christ, Paul emploie un terme qui lui est cher, mais qui, en langue française, porte à confusion. L’apôtre présente cette nouvelle réalité en parlant du « mystère » un terme que l’on rapproche à tort des religions à mystères de l’époque. Loin d’être un secret réservé à quelques initiés à la suite d'une quelconque cérémonie, le contenu du mystère dont Paul parle est révélé en toutes lettres dans le contexte immédiat, et ce à deux reprises.

Tout d’abord, on lit en Éph 3.6 : « les païens ont un même héritage, forment un même corps et participent à la même promesse en Christ-Jésus par l’Évangile. » Révolue, l’époque où les non-Juifs devaient en quelque sorte se joindre au peuple juif pour jouir des promesses faites aux pères! Terminés, les siècles au cours desquels les bénédictions adressées aux Juifs et non-juifs s’accomplissaient à l’intérieur du peuple juif! Maintenant (v. 5), ce ne sont plus des Gentils juxtaposés au peuple de l’Ancienne Alliance, mais un nouveau peuple, composé de Juifs et de Gentils, qui constitue le peuple de la Nouvelle Alliance. On ne parle donc plus de Juifs et de non-Juifs, mais de chrétiens et de non-chrétiens! L’Église, nouveau peuple de Dieu, corps dont Christ est la tête, constitue ce mystère que l’apôtre a reçu par une révélation, et dont il est chargé maintenant d’annoncer le contenu à tous, Juifs et Gentils.

Paul indique également en Éph 3.3 qu’il vient d’écrire à propos du mystère « en quelques mots ». Les exégètes rivalisent parfois d’ingéniosité pour découvrir où et quand Paul a précédemment écrit à propos du mystère. La solution la plus simple et qui s’inscrit le plus facilement dans le contexte immédiat est d'y percevoir un écho de ce que Paul a déjà affirmé en Éph 2.11-22. En « quelques mots » Paul déclare haut et fort que les païens ne sont plus sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Au contraire, ils jouissent à présent, tout comme les Juifs, d’un accès auprès du Père, par Jésus-Christ, dans un même Esprit (2.18). Ils ne sont pas devenus des Juifs, mais « concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu » (2.19). Ce mystère consiste en cette nouvelle réalité spirituelle du corps de Christ formé de Juifs et de païens liés à la tête du corps exactement de la même manière : par la foi en Jésus-Christ.

Une nouvelle nationalité en Jésus-Christ

Ainsi donc, si nous sommes unis les uns aux autres dans l’Église, ce n’est pas en vertu d’un contrat basé sur notre bonne foi mutuelle, mais en vertu de la grâce de Dieu accordée par la foi. Notre véritable citoyenneté n'est plus attachée à une parcelle de terre : « notre citoyenneté [tel est le sens original du terme employé par Paul] est dans les cieux » (Phil 3.20 version NBS).

Si tous les êtres humains sont les objets de la création divine, et que tous les êtres humains sont créés à l’image de Dieu pour être en communion avec Dieu et pour lui rendre gloire et honneur, le lieu même où ces réalités sont rendues possibles, l’Église, ne saurait souffrir de racisme ou de sexisme. Bien sûr, notre nouvelle naissance en Jésus-Christ n’oblitère pas notre nationalité, la couleur de notre peau ou notre statut conjugal; mais notre appartenance à Jésus-Christ transcende toute différence élevée comme barrière entre êtres humains.

L’unité entre les membres du peuple de Dieu issus d’arrière-plans culturels différents, de degrés de scolarisation différents, de préférences musicales différentes, a toujours et sera toujours un défi parmi les membres du peuple de Dieu. Mais ce qui nous unit est notre relation fondamentale et salvatrice en Jésus-Christ.

Hors de lui, nous avons peu en commun; mais en lui, nous avons l’essentiel, l’ultime, en partage!

À la recherche de l’équilibre entre unité et diversité au sein du corps de Christ

La diversité culturelle, la diversité d’arrière-plans et les différences de nationalité d’origine sont de plus en plus présentes dans nos Églises. Rares sont les assemblées dans les grandes villes canadiennes ou québécoises où l’on ne se trouve pas en présence de gens issus de plusieurs nationalités bien différentes. Ma propre assemblée compte plus d’une vingtaine de nationalités différentes, et d’autres Églises que je connais en comptent le double. Comment réussir à nous côtoyer mutuellement en dépit de tant de différence ? Je termine cet essai par quelques suggestions à cet effet :

  1. Affirmons la diversité dont nous jouissons dans la famille de Dieu en Jésus-Christ! Si certaines analyses sociologiques prétendent favoriser la croissance numérique de l’Église en encourageant l'émergence d'assemblées multiethniques, ces analyses tronquent cependant une réalité théologique fondamentale : l’Église de Christ ne connaît ni barrière sociale, ni barrière économique, ni barrière raciale. Ceci ne signifie pas que la diversité culturelle ou sociale ne présente aucun défi; une lecture, même cursive, des Actes des apôtres et des épîtres du Nouveau Testament, démontre que la diversité au sein du corps de Christ ne va pas de soi. Ceci dit, affirmer notre diversité en Jésus-Christ peut se faire sous la forme d’une célébration spéciale, d’un repas international ou encore en posant des gestes concrets pour que cette diversité soit présente au conseil de l’Église, parmi les diacres et diaconesses, les conducteurs de louange, et ainsi de suite. À titre d’exemple concret, le drapeau national de chaque nation représentée par au moins une personne de l’assemblée est affiché dans la salle principale de l’assemblée où je sers, et nous nous assurons de choisir des gens issus de diverses nations lors de prières publiques.
  1. D'autre part, prenons garde de ne pas centrer toute notre attention sur cette diversité. Après tout, ce qui nous unit n’est pas notre amour de la diversité, mais l’amour de Dieu pour nous et sa grâce à notre égard. À cette lumière, la diversité devient un élément secondaire, et doit demeurer telle. De plus, il est souvent impossible de connaître personnellement tous les membres de notre assemblée si celle-ci dépasse un certain nombre de personnes. L’idéal est de nous assurer de tisser des liens avec des gens d’autres cultures, d’arrière-plans différents, plutôt que nous restreindre à ceux qui nous ressemblent le plus. Après tout, Jésus-Christ est digne de recevoir tout honneur parce qu’il a racheté des personnes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation (Apo 5.10). La diversité que nous expérimentons est un avant-goût de notre présence devant le trône de Dieu et de l’Agneau, et n’existe qu’en raison de notre relation individuelle avec l’Agneau.
  1. Enfin, affirmons clairement et régulièrement notre unité fondamentale en Jésus-Christ. Si nous nous réunissons en assemblée pour honorer Dieu, c’est parce que nous avons Dieu en commun. En plaçant Dieu, sa Parole et son œuvre de grâce en Jésus-Christ au centre de notre attention, de nos louanges, de nos prières, de la prédication de la Parole, nous soulignons à grands traits que notre unité collective procède de la grâce de Dieu envers chacun de nous individuellement et collectivement.
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