La Bible permet-elle d’utiliser des psychotropes ? (Edward Welch)

Cet article est tiré du livre C'est la faute du cerveau ! par Edward Welch

Si vous interrogez les gens dans l’Église, vous trouverez un large éventail d’opinions sur les médicaments utilisés en psychiatrie. Quelques-uns vous diront qu’ils sont l’invention du diable, certains diront qu’ils constituent la réponse et d’autres n’en penseront rien du tout. Une opinion plus modérée est que même s’il n’est pas mauvais en soi de prendre ces médicaments, ils sont rarement le plan d’attaque à favoriser pour contrer la souffrance personnelle. Au lieu de cela, il convient d’examiner au préalable le fait que Dieu peut nous bénir au moyen de nos souffrances et d’évaluer la possibilité que les médicaments utilisés en psychiatrie puissent nous engourdir à la souffrance et nous priver des avantages inhérents au processus de raffinage qu’elle enclenche.

Notons ici un point intéressant. Bien que cela puisse paraître étrange ou même dénué d’amour à l’égard de ceux qui ne partagent pas notre position biblique, il peut y avoir des avantages réels pour la foi dans le fait d’être éprouvé et affermi par les épreuves.

Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien (Ja 1.2‑4).

On ne devrait pas toujours échapper à la souffrance. Contrairement au sentiment américain croissant que l’on a le droit à une existence sans douleur, presque tout le monde peut fournir des exemples personnels de maturité chrétienne acquise essentiellement en traversant les souffrances et les difficultés de la vie. À l’inverse, presque tout le monde a vu les tristes conséquences de la surprotection de parents ou de l’usage de drogues illicites sur de jeunes vies artificiellement gardées de la souffrance. Compte tenu de ces observations communes, la souffrance n’est pas toujours l’ennemie que nous la supposons être, et on ne devrait pas considérer les médicaments comme l’ultime solution.

Cependant, il existe d’autres points à considérer. Tout d’abord, étant donné que l’on ignore entièrement le degré de la souffrance d’autrui, il convient d’user de prudence quant à notre avis sur les médicaments. Il est facile de sous-estimer la souffrance d’une personne. En second lieu, on retiendra qu’en règle générale, le soulagement de la souffrance est une bonne chose. En troisième lieu, puisque la Bible n’interdit pas manifestement la prise de ces médicaments, la question n’est pas savoir si le médicament est bibliquement licite ou illicite ; la question est plutôt de savoir comment faire pour prendre des décisions sages et éclairées.

Si vous aidez une personne, voici une façon de penser au sujet des psychotropes. Concentrez votre attention sur ce qui est explicite dans la Bible. Apportez la sagesse pastorale décrite dans Hébreux 11 et 12. Elle comprend (1) le fait de savoir que l’on est précédé par plusieurs membres du peuple de Dieu qui ont fait preuve d’une foi solide au milieu de terribles souffrances (Hé 11), (2) le fait de témoigner de l’encouragement de Dieu à fixer nos yeux sur Jésus au milieu de nos souffrances (Hé 12.2), (3) le fait de reconnaître et de se repentir du « péché qui nous envahit si facilement » (Hé 12.1) et (4) de persévérer dans la souffrance (Hé 12.7).

Qu’une personne prenne des psychotropes ou non n’est pas la question cruciale. L’Écriture s’intéresse particulièrement à la raison pour laquelle une personne prend des médicaments ou pas. Il est clair que le traitement n’est jamais la source de notre espérance. En gardant ces lignes directrices à l’esprit, chacun a la liberté biblique d’essayer ou de ne pas essayer les médicaments utilisés en psychiatrie.

Article précédent Rapport de fin d'année 2017