Voici pourquoi Tim Chester et Steve Timmis ont écrit le livre « L'Église au quotidien »

En 1915, la grand-mère de Tim emménagea dans une modeste maison de Darlington, ville industrielle du nord de l’Angleterre. Elle avait un an. Le quartier était encore en construction, ainsi que l’Église méthodiste, deux rues plus loin. Cette maison a été la sienne pendant les 90 années qui ont suivi et l’Église est devenue un second foyer.

Quand ma mère était enfant, l’assemblée comptait 100 membres, une chorale de 20 personnes et une cinquantaine d’enfants fréquentaient l’école du dimanche. Mieux encore, l’Église était au cœur de la vie de quartier. Concerts de l’Église, goûters de l’Église, sorties de l’Église. Pour les classes laborieuses, c’étaient les seules alternatives possibles au bistrot. L’Église a toujours été au centre de la vie de ma grand-mère et de ma mère.

À 90 ans, ma grand-mère jouait encore du piano le dimanche matin. Sa surdité grandissante l’empêchait d’entendre les chants, mais personne ne prenait la relève. Aujourd’hui, l’assemblée ne compte plus qu’une douzaine de membres, dont aucun n’a moins de 50 ans. Les gens ont autre chose à faire le dimanche matin. Les concerts de la chorale ne peuvent rivaliser avec une console de jeu, les séries, les réseaux sociaux, les vidéos d’Internet ou la dernière émission TV à la mode. Le bâtiment, tout neuf quand ma grand-mère a commencé de le fréquenter, est devenu un vestige, un témoin d’une ancienne manière de vivre. Il ne joue aucun rôle dans la vie de qui que ce soit, à part pour une poignée de personnes. Il fait partie de l’histoire du quartier, mais pas de son présent.

Les chrétiens d’aujourd’hui pensent de plus en plus que nous sommes en marge de notre culture. En fait, nous vivons dans une culture postchrétienne. La plupart des gens, en occident, n’ont aucune intention de rejoindre une Église. Pour eux, le nom de Christ sonne comme un gros mot. Quelques Églises en vue grandissent, mais une grande partie de cet accroissement est dû à la mobilité plus qu’à une réelle croissance évangélique. Beaucoup de nos démarches d’évangélisation supposent pourtant toujours un esprit chrétien. Nous pensons que sonner la cloche de l’église ou assurer un culte de qualité va faire venir les gens. Mais, dans leur grande majorité, ils sont déconnectés. Modifier nos pratiques dans l’Église ne les atteint pas. Nous devons aller à leur rencontre dans leur quotidien.

Dans notre précédent livre, Total Church1, nous affirmions que l’Évangile et la communauté chrétienne doivent être au centre de chaque aspect de notre vie et de notre mission. Ce livre développe ce principe. Il nous appelle à être chaque jour une Église avec une mission pour chaque jour. Nous devons cesser de créer des manifestations attractives pour créer des communautés attractives. Notre image de marginaux est un levier pour redécouvrir l’appel missionnaire du peuple de Dieu. Nous pouvons redevenir témoins de Christ, débarrassés d’un christianisme de pure forme. Saisissons aussi l’opportunité de nous reconnecter à nos Bibles. Le Nouveau Testament est un ensemble de documents missionnaires écrits dans des contextes missionnaires. Ils ont été rédigés par des chrétiens vivant en marge de leur culture.

Dans ce livre, nous dialoguerons avec la première lettre de Pierre. Pierre écrivait aux chrétiens « étrangers et en exil » dans le premier siècle de l’Empire romain. Ils essuyaient davantage de calomnies et de mauvais traitements que nous. Il ne s’agit pas d’un commentaire de la lettre de Pierre. Nous voulons plutôt proposer des réflexions sur 1 Pierre, pour découvrir, dans cette partie de la Parole de Dieu, ce que le Saint-Esprit dirait à l’Église d’aujourd’hui. Dans ce livre, nous avons avant tout essayé de montrer concrètement à quoi peuvent ressembler l’Église et la mission de chaque jour sur le terrain. En appelant l’Église à accomplir sa mission chaque jour, nous sommes conscients que de très nombreux chrétiens le font déjà : ils sont de bons voisins, de bons collègues, de bons parents, ils répondent à l’hostilité en faisant le bien, ils rendent témoignage de Christ dans la vie courante. Loin de vouloir l’ignorer, nous voulons le souligner et le remettre au centre de la mission de l’Église. Et peut-être aussi lui donner plus de sens en montrant comment il peut être davantage intentionnel.

Tim Chester & Steve Timmis

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