Prenez garde à vous-mêmes (Richard Baxter)

Cet article est tiré du livre Le pasteur chrétien par Richard Baxter

Prenez garde à vous-mêmes, car vos péchés sont plus odieux que ceux des autres hommes.

« Un grand homme, disait le roi Alphonse, ne peut commettre une petite faute. » À plus forte raison pouvons-nous dire qu’un homme éclairé, chargé d’instruire les autres, ne peut pas commettre un léger péché, ou du moins qu’une faute légère chez un autre devient grave chez lui.

1° Vous êtes plus exposés que les autres à pécher sciemment, parce que vous avez plus de lumières et plus de moyens d’en acquérir. Vous n’ignorez pas que la cupidité et l’orgueil sont des péchés. Vous n’ignorez pas combien vous êtes coupables lorsque, infidèles à votre charge, par négligence ou par égoïsme, vous laissez perdre les âmes. « Vous connaissez la volonté de votre maître, et vous savez que si vous ne la faites pas, vous serez battus de plus de coups. » Plus vos connaissances sont étendues, plus votre zèle doit être ardent.

2° Vos péchés sont entachés de plus d’hypocrisie que ceux des autres, parce que votre mission est de prêcher sans cesse contre le péché. Vous cherchez à détruire le péché dans les autres, vous voulez le leur rendre odieux et méprisable, vous seriez donc criminels d’aimer en secret ce que vous blâmez en public. Vous ne seriez que de misérables hypocrites, si vous viviez habituellement dans les transgressions que vous condamnez, et si vous imposiez aux hommes des fardeaux que vous ne voudriez pas vous-mêmes toucher du bout du doigt, si enfin votre prédication n’était pas sincère. Oh ! Gardez-vous de cette hypocrisie pharisaïque, qui parle d’une façon et agit d’une autre ! Plus d’un ministre de l’Évangile, au jour du jugement, sera confondu par cette accusation d’hypocrisie.

3° Vos péchés sont plus odieux que ceux des autres, parce que vous avez pris l’engagement solennel d’y renoncer. Outre vos engagements comme chrétiens, vous en avez beaucoup d’autres comme ministres. Combien de fois avez-vous proclamé la honte et le danger du péché ! Combien de fois l’avez-vous menacé des jugements de Dieu ! Combien de fois, par conséquent, vous êtes-vous engagés à y renoncer ! Chaque sermon, chaque exhortation, chaque confession publique des péchés, vous imposaient l’obligation de ne plus en commettre. Toutes les fois que vous avez administré le baptême ou la sainte cène, vous avez déclaré implicitement que vous renonciez au monde et à la chair pour vous donner à Christ. Et cependant, après vous être si souvent élevés en témoignage contre la nature odieuse et condamnable du péché, après tant de professions et de protestations, vous le commettriez encore ! Oh ! Quelle trahison, après l’avoir si souvent condamné en chaire, de l’entretenir encore dans votre cœur, et de lui donner la place qui n’est due qu’à Dieu !

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