Voici pourquoi John Onwuchekwa a écrit le livre « La prière »

Si vous entrez dans la plupart des églises dimanche prochain, que trouverez-vous ?

Vous entendrez de la musique minimaliste ou bruyante, et des chants anciens ou récents. Pourtant, la structure de base sera quasiment identique, et ce, où que vous soyez.

Il y aura un sermon. Il sera peut-être thématique, bref et léger, ou textuel, long et profond. Selon le dimanche, vous pourrez assister à un baptême, participer à la sainte cène ou prendre part à une lecture collective des Écritures.

Mais savez-vous ce que vous risquez fort bien de ne pas voir ou ce à quoi vous ne prendrez probablement pas part ? La prière.

Je ne dis pas que personne ne parlera à Dieu. Mais les prières seront probablement courtes et peu nombreuses, quelques mots hâtifs prononcés pendant que les musiciens et les orateurs monteront ou descendront de l’estrade. Elles seront surement bibliques, mais vagues, centrées sur les grandes promesses de Dieu destinées à un groupe de personnes indéfini. Elles seront sans doute instructives, mais à visée locale, dépassant rarement les besoins immédiats des auditeurs. Elles seront probablement intenses émotionnellement, jaillissant du cœur de personnes qui ont vraiment un désir sincère de communiquer avec leur Dieu.

Le souci, c’est que ces prières ne s’attarderont pas sur les splendeurs de Dieu, sur ses attributs et sur sa personne. Elles ne méditeront pas longuement sur sa Parole. Elles ne demanderont pas à ceux qui écoutent de scruter leurs cœurs et de confesser des péchés précis. Elles ne demanderont pas à Dieu son aide pour faire ce que lui seul peut faire : sauver les perdus, nourrir les affamés, libérer les captifs, donner de la sagesse aux dirigeants de ce monde, réparer les institutions qui fonctionnent mal, soutenir les chrétiens persécutés.

C’est un problème, et il semble que nombre d’Églises ne réalisent tout simplement pas à quel point elles prient peu ensemble, ou que peu de leurs prières reflètent la grandeur du cœur de Dieu. Cela me rappelle la description que John Stott donne d’une réunion de prière à laquelle il avait assisté. Cela vous semble-t-il familier ?

Je me souviens d’avoir visité une Église incognito, il y a de cela quelques années. Je me suis assis au dernier rang… Quand nous en sommes venus à la prière pastorale, c’est un frère laïc qui s’en est chargé, parce que le pasteur était en vacances. Il a donc prié que le pasteur passe de bonnes vacances. Très bien. Les pasteurs devraient pouvoir passer de bonnes vacances. Ensuite, il a prié pour une femme membre de l’Église qui était sur le point d’accoucher, afin que l’accouchement se passe sans encombre. Pas de problème. Puis, il a prié pour une autre femme qui était malade, et c’était fini. Rien de plus. Cela a pris vingt secondes. Et je me suis dit : c’est une Église de village avec un Dieu de village. Ils ne s’intéressent pas au reste du monde. Aucune pensée pour les pauvres, les opprimés, les réfugiés, les zones de combat, et l’évangélisation du monde[1].

Ce que John Stott décrit ici est sans doute vrai dans de nombreuses Églises : des prières de village à des dieux de village.

J’ai entendu Mark Dever dire que nous devrions tellement prier dans nos réunions d’Église que les non-croyants s’ennuieraient. Nous parlerions trop à un Dieu auquel ils ne croient pas.

C’est peut-être un peu exagéré, mais nous devrions certainement, ensemble, en tant que chrétiens et membres d’Église, faire de meilleures prières, plus grandes et plus bibliques.

C’est, en un mot, l’objectif de ce livre : apprendre à mieux prier et à prier davantage en tant qu’Églises. De même que nos vies de prière privées peuvent être améliorées par la grâce de Dieu, ainsi peuvent l’être nos vies de prière collectives.

Le chemin à suivre

Aucun livre sur la prière ne peut dire tout ce qu’il y a à dire sur la prière. De plus, une vie de prière féconde est entretenue par une pratique constante et non par la compréhension de propositions théoriques. Cependant, alors que nous nous apprêtons à voyager ensemble, je veux m’assurer que vous êtes conscients de la destination prévue. Mon espoir est que ce livre constitue un guide et un tremplin qui vous aidera à apprécier le don merveilleux de la prière auquel nous avons accès en tant qu’Église.

De tous les livres qui ont été écrits sur la prière, celui-ci a un but bien précis : étudier de quelle manière la prière façonne la vie de l’Église. Tant de choses ont été écrites sur la prière en tant que discipline personnelle. Mais peu de choses ont été écrites sur la prière comme activité nécessaire et collective qui façonne les Églises locales, que ce soit par sa présence ou son absence.

Dites-vous que ce livre apporte quelques pièces cruciales qui manquaient aux cinq cents pièces déjà assemblées du puzzle sur la prière. Je bénéficie du dur labeur de ceux qui ont assemblé la majeure partie de l’image.

Puissiez-vous prendre ce livre pour ce qu’il est, et que vos Églises s’épanouissent par une pratique solide et régulière de la prière collective.

John Onwuchekwa

[1] John Stott, cite dans Ten Great Preachers [Dix grands prédicateurs], trad. libre, Editions Bill Turpie, Baker, Grand Rapids, Mich., 2000, p. 117.

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