Voici pourquoi Raphaël Anzenberger recommande la lecture du livre « L'Évangélisation durable »

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne » (Jean 15.16).

Il était tard, nous étions exténués. Ce voyage missionnaire ne se passait pas comme nous l’attendions. Pourquoi une telle résistance à nos propositions ? Le plan était pourtant parfait. Au milieu de la nuit camerounaise, je prie que le Seigneur m’inspire. Il faut encourager les troupes. Il reste encore une semaine, peut-être pourrons-nous sauver la mise ? Tant d’énergie dépensée ; en collecte de fonds, plus de deux ans de préparation, et toutes ces personnes qui prient pour nous là-bas en France ! J’ouvre ma Bible et je lis Jean 15 à haute voix. Les visages fatigués regardent dans le vide. Pourtant je sens que la Parole de Dieu agit. « Je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » : ce verset bondit des pages à la lecture. Nous sursautons avec lui. Pause.

« … portiez du fruit… ». La question du fruit n’est donc pas taboue ! Nous sommes en droit d’être frustrés si nous ne portons pas du fruit dans notre mission, Jésus le dit ! Ce voyage ne porte pas de fruits, « Seigneur donne-nous du fruit ! » Pause.

« … et que votre fruit demeure ». Non seulement la question du fruit n’est pas taboue, mais sa longévité est le signe de sa qualité. Du fruit oui, mais du fruit qui demeure ! Comme ces pommes étalées sur les paillasses dans la cave de mes parents en Alsace qui régalent les papilles jusqu’au printemps. Or le constat est sans appel : ce voyage frise l’échec. « Seigneur donne-nous du fruit qui demeure ! » Pause.

« … afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit ». Peut-être que le problème, du coup, vient de la façon dont nous allons… Longue pause suivie d’une parenthèse qui s’ouvre.

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie », dira Jésus quelques pages plus loin dans l’Évangile selon Jean (20.21). Si nous voulons porter du fruit, du fruit qui demeure, il nous faut aller comme Jésus est allé. John Stott, co-initiateur du Mouvement de Lausanne dira, dans son dernier sermon à la Convention Keswick de 2007 :

Ces paroles sont d’une immense importance. Ce n’est pas seulement la version johannique de la Grande Mission, c’est aussi une instruction quant à leur mission au monde qui se devait de ressembler à celle du Christ. Dans quelle mesure ? La clé de ce texte est dans l’expression « envoyé ». Tout comme le Christ est entré dans le monde, nous devons nous aussi entrer dans le monde des autres. [1]

C’est logique : Jésus nous choisit, nous établit afin que nous allions dans le monde, comme lui est allé dans le monde et a porté du fruit qui demeure, jusqu’à aujourd’hui ! Notre mission doit épouser les contours de sa mission. Là est le secret du fruit qui demeure. Fin de la parenthèse.

La Parole de Dieu nous fait nous lever comme un seul homme : nous devons nous repentir. Nous sommes entrés dans le monde de nos amis camerounais comme de vrais Français : rationnels, râleurs et jamais contents du résultat. Si nous voulons porter du fruit qui demeure, il faut réapprendre à aller. Il nous reste une semaine. Le jeu en vaut la chandelle. Et le Seigneur a fait grâce. Dix ans plus tard, je visitais à nouveau ce village avec mon épouse. Tout ce que nous avions entrepris portait encore du fruit. C’était ce que nous avions demandé au Père au nom de Jésus l’envoyé. Et il nous le donna. Gloire à Dieu. Fin de l’histoire.

Il y a des leçons qui restent gravées à jamais en mémoire, et dans le cœur. Cette première expérience missionnaire, qui remonte à mes années de jeune étudiant en économie, fut salutaire parce qu’elle posait un nouveau fondement dans ma vision de la mission. Le Seigneur nous a choisis et établis en vue d’une évangélisation durable. S’il n’y a pas de fruit, ou si le fruit ne demeure pas, il faut s’interroger sur la façon dont nous allons en mission.

Pour nous aider dans ce sens, Franck Segonne, ami et collègue de longue date, nous livre ici son expertise et son expérience. Attention, âmes sensibles et rebelles, passez votre chemin ! Chaque page nous invite à la repentance, à questionner finalement ce que nous avons compris (ou pas) de l’exemple de Jésus et de Paul. Franck, en bon pédagogue, revisite patiemment les textes du Nouveau Testament, ceux que nous connaissons, ou croyons connaître. Du texte vers le contexte. Un dialogue entre orthodoxie et orthopraxie. Un va-et-vient pour établir une solide herméneutique missionnelle afin que le fruit de notre labeur demeure.

J’ai commencé à lire ce livre dans la salle d’embarquement de l’Euro-aéroport Bâle-Mulhouse. Je l’ai terminé assis dans la salle de livraison des bagages, alors que ma valise entamait une énième tournée sur le tapis roulant, et que l’équipe de ménage entrait en scène avant la fermeture définitive de l’aéroport de Nice. Ce livre est tout simplement passionnant. Merci à Franck de nous ouvrir les yeux sur les bienfaits de l’évangélisation durable !

 Raphaël Anzenberger

Directeur RZIM.fr et fondateur du portail internet Disciples.fr, professeur-adjoint des Universités et études interculturelles, Columbia International University, États-Unis, chargé de cours à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine pour l’évangélisation et la formation de disciples.

Procurez-vous le livre « L'Évangélisation durable » dans les librairies chrétiennes suivantes :
Publications Chrétiennes
Librairie Chrétienne de Québec
Maison de la Bible

[1] John Stott, « The Model: Becoming More Like Christ », (July 17, 2007), http://www.cslewisinstitute.org/Becoming_More_Like_Christ_Stott [traduction libre de l’auteur], consulté le 29.07.2019. 

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