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Voici pourquoi Jerry Bridges recommande la lecture du livre « La Bonne Nouvelle presque oubliée »

Voici pourquoi Jerry Bridges recommande la lecture du livre « La Bonne Nouvelle presque oubliée »

Nous sommes tous théologiens, que cela nous plaise ou non. L’athée qui affirme qu’il n’y a pas de Dieu est une sorte de théologien. Sa théologie est que le Dieu de la Bible n’existe pas. Pour le chrétien, l’athée est facile à cataloguer. Nous savons fort bien que sa théologie est mauvaise, c’est flagrant. On ne se laissera pas tromper aussi facilement.

Mais qu’en est-il du chrétien qui affirme quelque chose comme « Mon Dieu est un Dieu d’amour », voulant dire que Dieu n’envoie personne en enfer ? C’est aussi de la mauvaise théologie, mais pas aussi facile à repérer que celle de l’athée. Le problème, c’est qu’elle est en partie vraie. Dieu est un Dieu d’amour. En fait, la Bible dit « Dieu est amour » (1 Jn 4.8). L’amour n’est pas un ajout au caractère de Dieu. Il fait partie de sa nature essentielle.

Qu’est-ce qui n’est donc pas correct dans la déclaration « Mon Dieu est un Dieu d’amour » ? Premièrement, les mots « mon Dieu ». Les mots « mon Dieu » expriment notre croyance individuelle concernant ce que nous pensons que Dieu est. Cette croyance ne se fonde sur aucune information externe ou objective.

La deuxième erreur dans la déclaration « Mon Dieu est un Dieu d’amour » est qu’elle ignore le fait que Dieu est aussi un Dieu juste et droit. Elle ignore le fait que la Bible déclare que « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes » (Ro 1.18). Comme elle ignore la mauvaise nouvelle du juste jugement de Dieu, elle ne parvient pas à nous communiquer la bonne nouvelle selon laquelle le Dieu d’amour nous a tant aimés qu’il a envoyé son Fils mourir pour nos péchés (1 Jn 4.10 ; 1 Co 15.1 3).

Cela n’est qu’une illustration de la mauvaise théologie répandue parmi les chrétiens de nos jours. Il en existe d’autres. Il existe une théologie qui nie l’inspiration divine de l’Écriture ainsi que son autorité consécutive. Il existe une théologie qui nie, ou amoindrit, la mort substitutive du Christ pour nos péchés. Il existe une théologie qui minimise l’importance voire la pertinence de l’Église locale. Il existe une masse de mauvaise théologie parmi nous de nos jours, parce que les chrétiens ne tirent pas leur théologie de la Bible. C’est là que le livre de Kevin DeYoung, La Bonne Nouvelle presque oubliée, peut nous venir en aide. Ce livre se fonde directement sur la Bible. Il peut nous aider à devenir des théologiens fondés sur la Bible. De quelle manière ?

Le livre du pasteur DeYoung s’intéresse à un catéchisme, qui plus est un catéchisme du XVIe siècle. Je soupçonne que certains chrétiens d’aujourd’hui demanderaient : « Qu’est-ce que c’est, un catéchisme ? » Pour beaucoup d’autres, un catéchisme est un peu comme un objet tout droit sorti du grenier de mamie ; quelque chose de vieux et poussiéreux, et complètement dépassé. Et pour bon nombre de chrétiens aujourd’hui, un catéchisme est vu comme un ajout humain à la Bible.

Voici quelques éléments de réponse : un catéchisme est tout simplement un moyen d’instruction par le biais d’une série de questions posées sur Dieu et l’humanité, avec les réponses correspondantes, tirées de la Bible. Un catéchisme n’est jamais dépassé parce qu’il cherche à nous enseigner les vérités éternelles de l’Écriture. Par ailleurs, un catéchisme n’est pas un ajout humain à la Bible ; il s’agit d’une instruction dans la bonne théologie tirée des Écritures. Aucun d’entre nous n’est assez intelligent ni spirituel pour découvrir les diverses vérités de l’Écriture par lui-même. Nous avons besoin d’une instruction solide. C’est ce qu’offre un bon catéchisme.

J’ai écrit plus haut que le livre du pasteur DeYoung s’intéressait à un catéchisme. Plus précisément, il s’intéresse au Catéchisme de Heidelberg, écrit par une équipe de professeurs de théologie et de pasteurs et publié pour la première fois à Heidelberg, en Allemagne, en 1563 . Je laisserai le pasteur DeYoung développer cet aspect dans l’excellente introduction de ce livre.

Je fais moi-même partie d’une Église qui utilise un autre catéchisme, mais depuis de nombreuses années je suis un fervent du Catéchisme de Heidelberg et j’en tire profit. J’aime sa structure qui, comme le souligne le pasteur DeYoung, correspond au schéma du salut que l’on trouve dans la lettre aux Romains, à savoir la culpabilité, la grâce et la gratitude. C’est le même schéma que l’on retrouve dans la vision d’Ésaïe de la sainteté de Dieu dans le temple (És 6.1 8). En fait, je dirais que ces mots forment l’intrigue de la Bible.

Je crois que cette séquence de mots, ou plutôt de concepts, constitue la seule manière correcte de comprendre et d’appliquer la Bible à notre vie. Toutefois, ma perception de la communauté chrétienne contemporaine est que nous sommes essentiellement animés par les impératifs. Nous sommes les champions du « il faut » ou du « comment », sans beaucoup d’égard pour ce qui nous fait « vouloir ». Mais ce n’est pas ce que fait la Bible. En considérant son message général, elle nous enseigne que notre obéissance à ses impératifs moraux devrait être une réponse animée par la gratitude plus que par le devoir. Non que le devoir soit mauvais. C’est simplement que Dieu veut que nous prenions plaisir à faire ce qui est notre devoir. Et ce qui fait que nous prenons plaisir à obéir à Dieu et à le servir, c’est la gratitude pour la grâce qu’il nous a montrée dans l’Évangile de Jésus-Christ.

Aussi étrange que cela puisse paraître, les chrétiens ont autant besoin de l’Évangile que les non-croyants. On n’a pas besoin de l’Évangile pour « être sauvés ». On a besoin de l’Évangile pour nous empêcher de dévier vers une mentalité de performance dans le cadre de notre relation quotidienne avec Dieu. On a besoin que l’Évangile nous rappelle que nous sommes toujours des pécheurs pratiquants pour qui la seule espérance, à la fois pour la vie éternelle et pour les bénédictions de Dieu dans cette vie, est « le sang et la justice de Jésus-Christ ».

Le Catéchisme de Heidelberg, correctement étudié, nous aidera à garder les concepts de notre culpabilité, de la grâce de Dieu et de la réponse de notre gratitude dans le bon ordre dans notre vie. Kevin DeYoung excelle dans l’art de nous montrer à quoi ressemble chacun de ces trois concepts dans la vie de tous les jours.

Le pasteur DeYoung est ministre du culte au sein de la Reformed Church in America, une union d’Églises ayant des racines dans la Dutch Reformed Church, et il écrit dans la perspective de cette tradition confessionnelle historique. Par conséquent, les lecteurs ayant une position non réformée désapprouveront certains articles de ce livre. Ne soyez pourtant pas découragés par ces quelques points de désaccord. Dans l’ensemble, ce livre est passionnant et il se révélera utile aux personnes de toutes sensibilités théologiques. Je vous recommande ce livre qui nous aidera tous à être de meilleurs théologiens fondés sur la Bible.

Jerry Bridges
Auteur de Vers une vie sainte

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Cet article est tiré du livre : La Bonne Nouvelle presque oubliée de Kevin DeYoung

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